La relation médecin-patient à l’heure du web

Dans son édition du 19 mai, l’hebdomadaire Impact Médecine s’est intéressé à l’évolution de la relation médecin-patient avec l’utilisation d’Internet. Extraits.

Le développement de la culture de l’écran et la multiplication des accès à Internet par les ordinateurs, tablettes ou smartphones, bouleversent la relation du médecin avec ses patients.

Interrogé par Impact Médecine, le Dr Cyril Quémeras, fondateur du site Medicalistes.org et membre de l’association des Médecins Maîtres Toile (MMT) admet qu’Internet fait désormais partie intégrante de la relation avec ses patients. « Bien souvent,un patient commence par me signaler qu’il a lu telle ou telle chose sur un site Internet. Et s’il ne le fait pas, je me surprends parfois moi-même à lui demander: ′J’imagine que vous avez surfé, est ce que vous avez des questions à me poser ?′. Internet est régulièrement le point de départ de mon interrogatoire».

Internet n’a pas que des effets positifs dans cette relation avec le patient, comme le souligne le Dr Gérard Pérol, généraliste à Saint-Romain du Puy : «Il faut répondre à ses interrogations, relativiser l’information glanée sur leWeb, rassurer. Tout cela prend un temps fou et la consultation s’éternise !».

Les médecins s’intéressent de plus en plus à ce que les patients se disent entre eux sur la toile. Selon une étude de BVA Healthcare, 28% des médecins libéraux interrogés visite les forums de patients et 51% déclarent y trouver des informations utiles pour leur relation avec leurs propres patients. Le Dr Quéméras indique que  « les discussions entre patients nous apprennent énormément de choses, notamment lorsqu’elles ont trait aux maladies rares, pour lesquelles il faut bien avouer que notre formation initiale est très limitée».

Face à la multiplication des sources d’informations santé sur Internet, Jacques Lucas, vice-président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, recommande aux médecins d’accompagner les patients dans leurs recherches sur Internet : « Au Conseil national, nous incitons d’ailleurs vivement les médecins à créer leurs propres sites professionnels car ils peuvent alors orienter les patients vers des contenus de qualité, en créant des liens vers d’autres sites recommandés».

Comme le montre cette enquête d’Impact Médecine, Internet prend une place de plus en plus importante dans la relation médecin-patient. Les professionnels de santé ont compris l’importance des nouvelles technologies. Reste maintenant à leur proposer des outils et services pour les aider dans cette relation avec les patients.

Source : Impact Médecine

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Internet et la relation patient : les généralistes partagés

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Dans son édition du 20 mai, l’hebdomadaire Impact Médecine a interrogé des médecins généralistes sur l’influence d’internet dans leurs relations avec les patients. Extraits.

Comment Internet modifie t-il vos relations avec les patients ? Voici la question posée à trois médecins généralistes par Impact Médecine.

Pour certains, Internet perturbe leur pratique professionnelle, comme le Dr Véronique Thys, médecin généraliste à Nanterre (92). "Lorsqu’un patient vient en consultation avec son diagnostic et son traitement déjà établis, parce qu’il a consulté Internet, je lui explique que c’est moi le médecin et que je vais l’examiner avant de poser un diagnostic. Lorsqu’il insiste, ça peut devenir un peu irritant". La relation avec le patient s’en trouve modifieé ajoute t’elle : "Je lui dit qu’il a le choix, mais s’il pense qu’Internet fait mieux que moi, je n’irai pas dans ce sens. Internet tend donc plutôt à compliquer mes relations avec mes patients."

Le Dr Marc Soussan, qui exerce à Paris, abonde dans ce sens et insiste sur la mauvaise qualité de l’information que l’on peut trouver sur Internet. "Internet n’offre une information ni sécurisée ni validée. Même s’il existe des sites intéressants, les données sont le plus souvent inexactes ou contestables. Le patient est noyé sous l’information, il ne peut faire la part de ce qui est vrai pour lui."

Pour le Dr françois Michel, médecin généraliste dans le Var, à Hyères, au contraire, Internet modfie la relation patient de manière positive. "Les patients recherchent l’information, les connaissent. De plus en plus ils deviennent acteurs et construisent leur santé. Cette évolution ne me gène pas. Au contraire. Les nouvelles technologies font partie du monde de la santé de demain. Et je suis sûr que que les jeunes générations de professionnels de santé et de patients sont en train de construire ce nouveau monde. Cette dynamique enrichit la relation médecin patient." 

Les avis restent partagés sur le sujet. Ce qui va une nouvelle fois poser le débat autour de la qualité de l’information santé diffusée sur Internet. Cela montre qu’il reste encore beaucoup de choses à faire…

Source : Impact Médecine

La santé 2.0 encore en rodage en France

Dans son numéro du mois de mai, Pharmaceutiques consacre un dossier à la santé 2.0 intitulé "Santé 2.0, Rodage du système français". Extraits.

La revue mensuelle revient sur le congrès Health 2.0 qui s’est déroulé à Paris en avril dernier, en dressant un comparatif entre les expériences anglo-saxonnes bien avancées et les premières approches sur le marché français.
Pour résumer, la santé 2.0 se cherche un modèle en France.

On retouve également dans ce dossier les réactions de certains acteur de la santé 2.0 en France suite à ce Congrès. Pour le Dr Voncent Varlet, directeur de la communication et e-business de Pfizer, "il manque un acteur majeur qui permettrait de fédérer de nombreuses initiatives intéressantes, le tout adapté à notre marché très encadré par de nombreuses institutions et encadrement (CNOM, HAS, HPST…)".

Les principaux acteurs de la santé 2.0 en France sont les patients comme le rappelle Pierre-Yves Arnoux, directeur général de Substance Active : "On remarque que les plus présents et les plus dynamiques sur le terrain de la santé 2.0 sont les patients. Il est vrai que ce sont aussi les plus libres, contrairement aux industriels exposés aux contraintes réglementaires".

Selon Catherine Liabeuf, directeur associé de la communication externe de BMS, le marché français est propice au développement de la santé 2.0 : "En France, notre système de santé est libre et accessible. Les médecins, les pharmaciens, sont faciles d’accès pour tous. Donner son avis, partager des informations sur sa santé, c’est une tendance qui a toute sa place dans notre pays".

Mais si ce marché est propice, encore faut-il qu’il y ait une prise de conscience des autorités de santé comme le souligne Fabrice Vezin, responsable de projets Internet et Intranet chez GSK : "Il faut que les pouvoirs publics soient conscients qu’il y a beaucoup de choses à développer en France dans le domaine du 2.0".

Source : Pharmaceutiques

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