A la rencontre de Pierre Desmarais

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Pierre Desmarais, avocat spécialisé dans le domaine de la santé et du numérique.

Photo PBD portrait 04 06 14 - copieBonjour Pierre. Peux-tu te présenter brièvement ?

Avocat au Barreau de Paris et Correspondant Informatique et Libertés (CIL), j’exerce une activité de conseil en droit de la santé et des nouvelles technologies. J’accompagne au quotidien start-ups, PME et grands groupes développant des produits et services innovants dans le domaine de la santé et des data. Je suis également membre du conseil d’administration du Healthcare Data Institute et chargé d’enseignement à l’Ecole de Formation des Barreaux (EFB) et à l’Université Paris VIII. Auparavant, j’ai travaillé à la direction juridique du Centre Hospitalier Universitaire de Rennes, ce qui m’a permis d’apprendre à connaître de l’intérieur le monde de la santé.

Tu accompagnes différents acteurs du monde de la e-santé sur des problématiques juridiques. Quels sont les freins rencontrés aujourdhui ?

En principe, ils se heurtent à trois obstacles principaux.

Le premier tient évidemment à la législation relative à la protection des données, qu’il s’agisse de gérer les obligations CNIL ou de déterminer si le recours à un hébergeur de données de santé est nécessaire.

Mais en réalité, les textes sur « linformatique de santé » (dispositifs médicaux, LAP et LAD, PSSIE, etc.) représentent une contrainte souvent plus importante puisqu’il s’agit alors non pas simplement de se mettre en conformité, mais plutôt de démontrer « linnocuité du système dinformation » pour le malade. Souvent, les acteurs de l’e-santé cherchent à éviter de se confronter à ce pan de la législation, mais cela peu en pratique conditionner leur accès au marché, voire leur business model. Par exemple, aujourd’hui, il est impossible de prescrire une application de m-santé si elle ne constitue pas un dispositif médical.

Mais le modèle économique peut susciter d’autres préoccupations majeures. Gérer les relations avec les financeurs et partenaires peut ainsi s’avérer délicat. Il faut savoir convaincre de la pérennité du projet malgré les obstacles.

Comment vois-tu évoluer la législation française et européenne dans le domaine de la santé connectée et de le-santé en général ?

Initialement, la santé a été exclue du champ d’intervention de l’Union Européenne. Seuls les Etats membres pouvaient légiférer en la matière. Ce cloisonnement a été mis à mal une première fois par le biais de la législation sur le travail, puis une seconde fois avec les textes relatifs à l’environnement et à la sécurité alimentaire. L’e-santé constitue une nouvelle offensive – sans aucune connotation péjorative – de l’UE sur le terrain de la santé. C’est grâce à elle que la télémédecine a été légalisée en France. Et on peut s’attendre à ce qu’elle réglemente rapidement l’e-santé et la m-santé, comme en témoigne l’appel à contribution sur le livre vert relatif à la m-santé. A mon sens, on va donc voir l’UE intervenir de plus en plus fréquemment en la matière. C’est assez normal finalement, puisqu’à l’instar de tout service de la société de l’information, son déploiement ne saurait être régulé à un échelon exclusivement national.

Au niveau français, j’espère une actualisation du cadre juridique afin que l’e-santé puisse s’y intégrer naturellement. Aujourd’hui, on a plutôt l’impression d’une succession de patchs destinés à colmater des brèches ou à s’adapter à des évolutions non maitrisées.

Mais ne négligeons pas l’importance de la France sur la scène de la santé connectée. Outre l’innovation technique, de l’opération Lindbergh à Withings, on peut relever des innovations majeures au plan juridique, comme la création des hébergeurs de données de santé. Le cadre posé est peut-être trop contraignant, mais la multiplication des fuites de données met en évidence le bienfondé du concept. Ce serait pas mal d’éviter un « eHealth Leaks », non ?

LogoColorTextBelowOn parle beaucoup de gestion des données de santé et de Big Data. Quel est ton avis sur le sujet ?

Le Big Data et son corollaire, l’Open Data, représentent un peu la révolution industrielle de la santé. Les promesses sont remarquables, mais les difficultés juridiques sont proportionnelles.

Sur ce dernier point, soyons honnêtes, le cadre juridique n’est pas vraiment adapté à cette nouvelle pratique. Là encore, rien d’étonnant. Le concept est nouveau – à tel point qu’on peine encore à le définir avec précision – le législateur ne pouvait donc pas anticiper lors de la dernière révision majeure de la loi informatique et Libertés. Cela devrait rapidement évoluer, toujours sous l’influence de l’UE qui prépare un nouveau texte en la matière, plus adapté aux besoins des entrepreneurs. Dans cette attente, le Big Data reste possible, dès lors que le responsable est prudent dans la mise en œuvre du traitement. Avec le Healthcare Data Institute, j‘espère que nous verrons apparaître sinon des solutions, à tout le moins des pistes de réflexion, pour pouvoir exploiter toutes ces bases de données de santé sereinement.

Observateur de le-santé en France depuis plusieurs années, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

La vision de l’avenir reste délicate.

Tout dépendra en fait d’une part du temps que mettront les professionnels et patients à s’approprier ces nouveaux services, d’autre part de la souplesse qui sera introduite dans les textes par les législateurs français et européen. Mais je suis assez optimiste sur ce second point, et je pense qu’avec cela nous devrions voir se stabiliser les outils existants, en même temps que de nouveaux apparaîtront.

Pour moi, ce à quoi nous avons déjà assisté n’est en effet qu’un début !

 

Pour aller plus loin : www.desmarais-avocats.fr / @DesmaraisPierre

 

Healthcare Data Institute : premier Think Tank international consacré au Big Data santé

Un nouveau Think Tank international consacré au Big Data dans le domaine de la santé a été lancé il y a quelques jours à l’initiative d’Orange Healthcare : Healthcare Data Institute. Présentation.

HDIAujourd’hui, la quantité de données de santé accessibles, couplée à des algorithmes et des capacités de traitement, ont imposé le Big Data comme facteur d’émergence de nouveaux usages dans l’épidémiologie, les médecines préventives et personnalisées, ou encore la recherche et le développement de nouveaux services de santé qui transforment l’accompagnement du patient.

Face à ce constat et la nécessité de structurer la reflexion autour de ces sujets, Orange Healthcare lance le Think Tank Healthcare Data Institute avec plusieurs acteurs dont le CEA, le cabinet Desmarais Avocats, IMS Health, McKinsey et le Groupe Vitalia.

Le Healthcare Data Institute, catalyseur d’idées à vocation française et internationale, se donne pour missions de faire progresser la réflexion de ses membres, de sensibiliser les publics, d’améliorer la compréhension, et de susciter l’émergence de projets concrets en favorisant la fertilisation croisée.

D’autres acteurs vont rejoindre le Healthcare Data Institute dans les prochains jours, dont des associations de patients, des organismes publics et réglementaires, des laboratoires pharmaceutiques, des personnalités du monde médical, des start-ups ou encore des assureurs, afin de représenter l’ensemble de l’écosystème Big Data Santé.

A noter que le développement et l’animation du Think Tank sont confiés à l’agence de relations publiques digital-native RCA Factory.

Source : Healthcare Data Institute

Le CHU de Toulouse lance son application mobile

Le CHU de Toulouse lance une application mobile à destination du grand public et des professionnels de santé pour accéder facilement aux informations utiles. Découverte.

CHU-ToulousePour faciliter les consultations pour les patients et les professionnels de santé, le CHU de Toulouse lance une application disponible sous iOS et Android : CHU Toulouse.

Avec le développement des outils de mobilité, il devenait indispensable pour le CHU de mettre à disposition des patients et professionnels de santé une application permettant de retrouver toutes les informations utiles. « Avant, il existait un annuaire pour les professionnels plus le site internet pour les patients, depuis environ 5 ans. L’application permet de réunir les deux services« , explique la direction de la communication du CHU.

Au delà de l’accès aux informations pratiques, cette application doit permettre de pouvoir contacter rapidement et facilement un professionnel de santé du CHU. Environ 2000 médecins sont répertoriés, accessibles de manière alphabétique avec une fiche de renseignements (spécialité et informations de contact). Un service « click to call » permet d’appeler directement via l’application le médecin de son choix.

Concernant l’accessibilité, un service à destination des sourds et malentendants est présent au sein de l’application.

L’objectif de l’application est également de proposer toutes les informations utiles pour la visite au sein du CHU : la prise de rendez-vous, les plans et accès des différents sites du CHU, liste des interlocuteurs et des conseils de gestes à réaliser en cas d’urgence, les contacts des associations de familles et de parents.

apple store &   Android app on Google Play

Source : CHU de Toulouse

MSD lance la plateforme communautaire Comuniti pour les professionnels de santé

À l’occasion des 10 ans d’Univadis, le laboratoire pharmaceutique MSD lance officiellement sa nouvelle plateforme communautaire pour les professionnels de santé : Comuniti. Présentation.

comunitiEn début d’année, je vous avais présenté la version bêta de Comuniti, communauté médicale d’Univadis, initiée par le laboratoire MSD. A l’occasion du dixième anniversaire du site d’information médicale de référence pour les professionnels de santé Univadis, MSD lance la version finale de la plateforme communautaire Comuniti.

Ce nouveau service d’Univadis permet de répondre à de nouveaux besoins de communication et d’échanges entre professionnels de santé afin de faciliter le partage et la création de nouveaux groupes, de permettre la création d’une base de connaissance médicale et d’entraide pour améliorer l’information médicale des professionnels de santé.

Ce réseau garantit la sécurité et la confidentialité des échanges et apporte de nombreuses fonctionnalités pour :

  • contacter des confrères quelle que soit la spécialité médicale,
  • poser des questions médicales et partager leur expertise,
  • échanger des documents, des images ou des vidéos,
  • créer ou participer à des groupes de discussion,
  • suivre les événements liés à la santé en France ou à l’étranger,
  • et discuter des actualités médicales.

A noter que la version bêta de ce service connait déjà un succès important et est utilisée par plus de 40 000 professionnels de santé en France.

Comuniti aussi sur mobile

Le lancement de cette plateforme s’accompagne d’une application mobile qui permet d’échanger instantanément et simplement entre professionnels de santé.

  • retrouver des confrères et les contacter simplement
  • échanger instantanément avec la messagerie intégrée
  • poser des questions médicales à la communauté
  • rester informé des actualités de ses contacts

apple store

Source : MSD France

 

Hacking Health Camp : plus grand hackhaton santé européen

Hacking Health et Alsace Digitale organise la 2ème édition du Hacking Health Camp en France en mars 2015. Buzz e-Santé est partenaire de cet évènement. Découverte.

HackingHealthCampHacking Health Camp est un évènement international sur 4 jours qui vise à briser les barrières de l’innovation en santé. Il s’agit du plus grand hackhaton santé européen qui se déroulera du 19 au 22 mars 2015 à Strasbourg.

Chaque jour, un évènement crée un espace collaboratif entre professionnels de santé, designers, hackers, makers et entrepreneurs. Un évènement à destination de toutes les personnes intéressées par l’innovation en santé, inspirant professionnels de santé et professionnels du numérique sur leurs opportunités communes dans l’avenir de la santé. Cet évènement est conçu pour répondre aux principes suivants : s’inspirer, apprendre, passer à l’action.

L’idée est simple : l’inspiration étant l’essence même de la création, quoi de mieux que d’écouter des médecins, entrepreneurs et philosophes visionnaires et de rencontrer des startups qui ont déjà commencé à innover. Puis continuer sur un échange sur les données de santé et apprendre à identifier les opportunités tant techniques que médicales sur le sujet de la santé. Au final transformer tout cela en action en travaillant ensemble pour créer des innovations et inventer le futur.

Lors de la première édition, professionnels de santé, designers, développeurs, ergonomes et ingénieurs ont exprimés leurs besoins sur des sujets comme : l’éthique, les données de santé, l’intéropérabilité, quelles évolutions au niveau mondial du numérique en santé ? Où sont les limites technologiques ? Quelles solutions à propos des aspects légaux ? Quelles données existent, comment y accéder et les utiliser pour améliorer la santé pour répondre à la promesse du big data ?

Avec Hacking Health Camp vous trouverez des réponses à ces questions.

Qu’est-ce qu’un hackhaton ?

Évènement de 50 heures où “ceux qui utilisent” (les professionnels de santé) et “ceux qui fabriquent” (développeurs, designers, ergonomes et ingénieurs) collaborent sur des défis soumis avant l’évènement. Le dernier jour chaque équipe présentent un prototype fonctionnel à un jury et à toute l’assemblée.

Hacking Health c’est de l’expérimentation par la collaboration. Le concept se base sur le fait que la collaboration entre experts médicaux et technologiques amènera des solutions innovantes aux problématiques de santé. En concevant et en testant rapidement des prototypes il est possible d’identifier les quelques idées qui ont du potentiel et dans le même temps permettre aux autres d’apprendre plus et de l’appliquer à de nouvelles idées.

HH-support

Le thème de cette édition : le Big Data et son impact sur le secteur de la santé

C’est une évidence : les produits en santé, existants et futurs, doivent ouvrir leurs données pour mieux s’intégrer au reste du système de santé. En partageant ces données, le secteur de la santé reconnaît le large éventail de compétences requises, la diversité des besoins et des particularités à considérer pour répondre à ces besoins. Il est toutefois important de rester vigilant sur la sécurité des données de santé et leur préservation à l’égard de leur propriétaire. Nous devons évoquer l’ouverture des données dans un système de santé garantissant la sécurité des données de santé personnelles et permettant une amélioration de la prise en charge par une meilleure communication entre les outils. Si toutefois les données doivent être exposées à l’extérieur du système, cela doit être de manière anonyme.

Hacking Health Camp est le lieu de l’innovation par l’action et ambitionne de devenir le plus important évènement sur l’innovation en santé en Europe.

Information et inscription

Buzz e-santé est partenaire de Hacking Health Camp.

Source : Hacking Health Camp

 

Cardiosens : service d’évaluation et de suivi du risque cardiovasculaire

La société Smartsanté lance un nouveau service d’évaluation et de suivi du risque cardiovasculaire : Cardiosens. Présentation.

Le risque cardiovasculaire concerne tout le monde, il est la 1ère cause de handicap, la 1ère cause de décès chez les femmes et près d’1 actif sur 2 est concerné. Partant du constat qu’aujourd’hui les solutions technologiques existantes ne permettent pas un suivi global et personnalisé qui doit prendre en compte toutes les données de santé (hérédité, antécédents, médicaments…), la jeune start up Smartsanté lance un nouveau service d’évaluation et de suivi du risque cardiovasculaire : Cardiosens.

cardiosens

Ce service permet notamment :

  • d’évaluer pour connaître son risque : questionnaire en ligne, rapide et englobant toutes les composantes santé de la personne ; bilan cardiovasculaire complet et précis, accessible à tout moment et imprimable
  • de suivre pour améliorer sa santé : une analyse personnalisée des données de santé de l’utilisateur, un ensemble d’outils pour l’accompagner au quotidien, des conseils pratiques et contenus pédagogiques

Avec Cardiosens, Smartsanté s’adresse à différents types d’acteurs :

  • aux entreprises souhaitant proposer une solution innovante aux enjeux liés au risque cardiovasculaire et bénéficier d’une image positive auprès de leurs salariés
  • aux assureurs acteurs de santé souhaitant prendre le virage de la santé digitale en intégrant dans leurs offres des solutions à forte valeur ajoutée médicale

Présentation en vidéo :

Pour information, Smartsanté est une jeune start up qui a pour ambition de révolutionner l’accompagnement des malades chroniques grâce aux nouvelles technologies en santé.

Source : Smartsanté

Infographie : résultats de l’Indice de confiance numérique & santé 2014

Le Cercle des Décideurs Numérique & Santé publie la 3ème édition de son indice de confiance de la e-Santé en France en partenariat avec Care Insight, Laumacom, DSIH et Ticsante.com. Découverte des principaux résultats.

Ce baromètre qui offre une vision à 360° de la e-santé porte sur 6 indicateurs : infrastructures, production et coordination des soins, télémédecine, e-santé à domicile, médias sociaux en santé, création de valeur économique & industrielle. L’indice de confiance numérique & santé est réalisé sur la base d’un sondage auto-administré sur le web, auprès d’un panel d’acteurs de santé et d’experts de la e-santé.

Après une timide hausse de l’Indice de confiance numérique & santé en 2013 par rapport à l’année 2012, la nouvelle édition de ce baromètre dessine un paysage morose voire déprimé de la e-santé en France. “Le plus frappant dans cette tendance globale à la baisse, c’est la disparité de vision entre les différents acteurs” souligne Sandrine Degos, Fondatrice du Cercle des Décideurs Numérique & Santé et Présidente de Care Insight.

On observe des divergences de vision entre les acteurs puisque les représentants des collectivités territoriales et les élus font preuve d’un bel optimisme (leur niveau de confiance à 5 ans augmentant de 12 % entre 2013 et 2014), tandis que la confiance des professionnels de santé s’enfonce de 10 % (20 points d’écart entre ces deux familles d’acteurs).

Quelques tendances se dégagent de cet indice :

  • La confidentialité des données, un enjeu majeur : perte de confiance sous l’effet des différentes annonces médiatiques des acteurs internationaux du net, les fameux “GAFA” (Google, Amazon, Facebook et Apple), du flop actuel de l’open data en santé ou de l’absence de communication lisible des autorités et institutions en ce domaine
  • Confiance en la télémédecine : la téléconsultation ou la téléexpertise sont plébiscitées. La généralisation passera par la rémunération des actes de télémédecine (attente de l’article 36 du Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2014).
  • L’avenir de l’e-santé est au domicile des Français : confiance en hausse avec l’arrivée de nombreux objets connectés (auto-tensiomètres, balances, glucomètres connectés, détecteurs de chute, piluliers, …), de dispositifs médicaux communicants ou des gérontechnologies.

Découvrez les principaux résultats en infographie :

infographie baromètre e-Sante 2014 vectorisé

 

Source : Cercle des Décideurs Numérique & Santé

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